RIP Victor Wong, il y a 25 ans

 

Hommage à un maître, un guide, un cœur de film.

"Quand la tête d’un ninja est gonflée d’orgueil, il devient lui-même son pire ennemi…" 

- Mori Shintaro, Les 3 ninjas se déchaînent

Il existe des acteurs qui marquent par leur célébrité et d'autres comme Victor Wong qui marquent par leur humanité, leur présence silencieuse, leur sagesse.


Né le 30 juillet 1927, ce comédien d’origine chinoise a légué à toute une génération de spectateurs un trésor cinématographique spirituel et universel : le personnage de Mori Shintaro, le grand-père ninja dans la saga familiale 3 Ninjas avec laquelle nous avons tous grandis durant notre enfance.

Il a été révélé par John Carpenter dans Jack Burton dans les griffes du Mandarin et Prince des ténébres.

Dans un Hollywood souvent caricatural envers les figures asiatiques, Victor Wong fut l’antithèse des clichés, l était profond, digne, zen, drôle sans être bouffon, sage sans être pompeux. Bref, un guide.

Dans Les 3 ninjas contre-attaque, Victor Wong donne à Mori une profondeur émotionnelle rare pour un film familial des années 90.

On découvre son passé, ses blessures, ses regrets — notamment à travers sa rivalité avec Koga —, mais aussi sa capacité à pardonner, à transmettre, à évoluer. Chaque scène où il enseigne à ses petits-fils dépasse la simple leçon de combat.


C’est de la philosophie, de la pédagogie, de l’amour transmis sous forme de métaphores.

"Un ninja, c’est… un cœur… même un corps… et un esprit."

- Mori, face au mannequin d’entraînement

Les 3 ninjas se déchaînent, le quatrième et dernier opus souvent critiqué pour sa légèreté, recèle pourtant une perle cachée : la dernière performance cinématographique de Victor Wong et quelle performance.

C’est ici qu’il livre à ses petits-fils une ultime leçon, probablement l’enseignement le plus fort de toute la saga : "Quand la tête d’un ninja est gonflée d’orgueil, il devient lui-même son pire ennemi... Il perd la concentration... Il doit apprendre à voir avec ses oreilles... Ne faire qu’un avec son environnement."

Dans ce passage, Victor transcende le scénario. Il devient une incarnation même de la sagesse.

Son regard, sa voix, son calme — tout y est pour que cette leçon ne soit pas juste pour Colt, Rocky ou Tum-Tum, mais pour nous, les spectateurs.

Victor Wong s’est éteint le 12 septembre 2001 à 74 ans. Une disparition silencieuse, dans l’ombre d’un monde en deuil causé par les attentats terroristes ayant bouleversé New York, Washington et l'état de Pennsylvanie, mais son esprit ne nous a jamais quittés.

Chaque spectateur qui a grandi avec lui, chaque adepte d’arts martiaux qui a vu la saga 3 Ninjas dans son enfance,porte en soi un fragment de cette sagesse transmise par le grand-père et senseï Mori.

Ce qu’il nous laisse :

*L’idée que le combat n’est jamais une fin, mais un chemin.

*Que la transmission est un acte d’amour.

*Que la paix intérieure est la plus grande des victoires.

Merci à Victor Wong pour avoir incarné un senseï, un grand-père, un guide spirituel, un modèle discret mais éternel.

Pour avoir transformé un rôle de film familial en icône intemporelle de la sagesse ainsi que ce qui a été le rôle de ta vie que t'a accordé le réalisateur John Turteltaub en 1992.

Tu étais Mori et ton personnage était bien plus qu’un ninja, c’était le cœur de cette saga.

“Fixe la cible et tu verras le centre s'élargir..., jusqu'à ce qu'elle soit aussi grosse qu'un melon”

- Mori Shintaro, Les 3 ninjas contre-attaques.

Repose en paix Victor Wong et merci pour toutes tes leçons du ninjutsu.

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